
Joann Sfar nait à Nice en 1971 d’une mère chanteuse et d’un père avocat. Très tôt et avec l’abondance qui le caractérise encore aujourd’hui, il invente et dessine des histoires.
Après une maîtrise de philosophie, il rejoint l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris sous l’enseignement de Pierre Carron et de Jean-François Debord.
Il commence sa carrière de dessinateur et de scénariste en 1994, avec la publication des deux tomes des Aventures d'Ossour Hyrsidoux, suivis de Noyé le poisson, Le Borgne gauchet au centre de la Terre aux éditions L'Association ou encore de la série de 3 tomes Troll en collaboration avec Olivier Boiscommun et Jean-David Morvan. En 1998, La Fille du professeur lui vaut le Prix Gosciny.
En 1999, Joann Sfar donne vie au premier volet de la saga Petit Vampire en éditant Petit Vampire va à l'école chez Delcourt suivi de six autres BD dont Petit Vampire fait du kung fu en 2000, Petit Vampire et la Maison qui avait l'air normale en 2002 ou encore Petit Vampire et le Rêve de Tokyo en 2005.
En 2003, Joann Sfar dessine son ‘’Chat’’. Le succès du Chat du rabbindépasse dès lors les amateurs de la bande dessinée pour s’étendre à un public qui découvre et explore au fil des cinq albums de la série la religion juive d’une manière peu commune. La même année, l’écrivain ajoute une nouvelle illustration à La Petite Bibliothèque philosophique de Joann Sfar, et enchaîne avecLa Sorcière et la Petite Fille. Joann Sfara donné un nouvel élan à la bande dessinée française. Son œuvre hétéroclite et abondante touche d'autres publics que celui de la BD traditionnelle.
Passionné de musique, il accompagne Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos, à l’ukulélé lors de son concert à la Nef d’Angoulême en 2006, et dessine la pochette de leur album Monsters in love ainsi que l’univers graphique du clip de la chanson Tes lacets sont des fées.
En 2008, Joann Sfar réinterprète Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Cet événement surprend, mais permet de faire redécouvrir le chef d’œuvre de l’aviateur disparu en 1944 grâce à des dessins qui donnent «un éclairage aux zones d’ombre du texte».
Récompensé par le Prix du Trentenaire et l’Essentiel Jeunesse au Festival d'Angoulême, le dessinateur au style voluptueux et «protéiforme» cherche à créer des œuvres alliant esthétisme et intelligence sur un fond parfois philosophique.
Avec un foisonnement qui n’a que l’apparence du désordre, Joann Sfar compose une œuvre d’une originalité absolue. La profondeur de ses histoires n’exclut jamais la drôlerie ou la sensualité. Ses personnages ont la truculence de ceux d’Albert Cohen. Et le plaisir de dessiner est chez lui aussi communicatif que chez Quentin Blake.
Auteur novateur de bande dessinée, Joann Sfar est désormais un auteur sur lequel le cinéma va devoir compter.
En 2009, il revient avec le projet d’adaptation au cinéma du Chat du Rabbin. Mais c’est avec un conte intitulé Gainsbourg (vie héroïque) qu’il réalise son premier long métrage, film original et talentueux empreint de l’univers de la bande dessinée. Il se révèle également un formidable directeur d’acteurs et offre notamment à Eric Elmosnino, Laëtitia Casta ou Lucy Gordon des rôles emblématiques.